Dire une belle connerie…

(d’après une image)

Après mûre réflexion, je m’apprêtais à dire la plus belle connerie de ma vie. Alors qu’elle était là à me photographier dans la tendresse de son amour, j’allais lui proposer d’habiter en ville.

Nous tournions en rond dans cette maison de campagne avec son potager et son verger. Nous l’avions retapé et fabriqué de nos petites mains tous les meubles.

Nous venions de faire l’amour dans ce grand lit à baldaquin qui est juste devant mes yeux. Seul meuble acheté à la brocante du village. Nous vivions en autarcie avec ce bonheur niais qui illuminait mon visage à ce moment précis du déclic.

Mais je n’en pouvais plus, j’étouffais englué dans cette mélasse tranquille et béate. Je me rendais compte, comme le dit si bien J-P Belmondo, que la campagne m’emmerde. Le silence m’ennuie. J’ai diablement besoin du rock’n roll de la ville, du brouhaha des voitures et de l’effervescence des rues sans parler des bars enfumés.

Alors je lui ai dit. Sans discuter, elle m’a suivi et la semaine dernière elle s’est jetée sous un train. En regardant cette photo extraite de ses archives, je déteste mon air si satisfait et si sûr de moi.

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