Un nouveau pour le 15 août

Je le trouve fascinant. En plus, il a une voix grave et chaude comme je les aime. J’ai eu des frissons.

Bon, je n’ai pas tout compris. Il a utilisé des mots compliqués. C’est époustouflant d’écouter toutes ces idées qui s’enchaînent si facilement. Je le trouve très intelligent.

Il est un peu brouillon, non? Ces mouvements désordonnés avec les bras, ils donnent le tournis. Du coup, j’ai décroché. Je suis sûre que c’est pour cela que je n’arrivais plus à suivre son discours si brillant. Je hochais bêtement la tête pour faire celle qui écoute et approuve. Il a dû me prendre pour une conne.

Il est bizarre avec ses cheveux, non? Vous ne pensez pas qu’il est homo? Il aime peut-être aussi les filles?

En même temps, son coté poseur qui se la joue intello cool et très proche du peuple, ça me gave! Je lui aurais bien mis une baffe! Par contre, son coté motard décontracté ne cadre pas avec le reste du personnage. J’avoue craquer pour son look de loubard attardé. Je me laisserais bien tenter par un tour en moto…

Contrainte: de vieux amis réunis dans une maison de campagne pour le 15 août. Un importun est invité.

Crypto-slip : essai de définition raisonnée

Le crypto-slip est, à l’origine, une savoureuse erreur de traduction, commise par des éditeurs de bandes dessinées des îles Samoa, en 1957.

Lors des premières parutions du comics Superman dans ce sympathique archipel, les traducteurs locaux, peu au fait de la science-fiction américaine, eurent tendance à retranscrire un peu trop littéralement certains dialogues – notamment ceux impliquant le terme Kryptonite. « Nite » signifiant « culotte » en maori, et Superman paraissant toujours engoncé dans des collants trop petits, certaines bulles se retrouvèrent, par exemple, affublées des dialogues suivants :

« Ah, Loïs ! Ce crypto-slip est ma faiblesse. Je sens qu’il m’enlève toute ma puissance. Mais rassurez-vous, je serai à la hauteur. Je ne mollirai pas ! »

Ce qui explique le classement de ces ouvrages au rayon pornographie, jusqu’à la découverte de l’erreur, en 1969 seulement.

P.S. Ce modeste texte est dédié à Julien B. « Julien, tu nous as quittés trop tôt, trop jeune, trop blond. Nous ne t’oublierons pas. »
P.P.S. Superman, Kryptonite, Nike et Boursin sont des marques déposées de la World Company. Et tout ce qui est dit dans ce post est faux (îles Samoa, je vous aime !), sauf certaines phrases, notamment celles concernant Julien B.

Nous étions au Starbucks

Nous étions au Starbucks quand le Staff Manager entra, suivi d’un nouveau. Nous reluquâmes le gars. Il ne baissa pas le regard de suite. Je sus immédiatement que ça passerait mal entre lui et moi. Ce n’était pas la première fois.
Le Staff Manager fit son laïus sans même sembler y croire puis il partit se planquer dans son trou. Quand il passa la porte, Jeff cracha sur le sol. Nous savions tous qu’un jour, le tour du Manager viendrait.
Le nouveau restait là, les bras ballants, assis dessus sa chaise comme un chien mort. Il regardait sans dire un mot le café tiède que le Manager venait de lui payer avant de nous le laisser entre les pattes.J’ai attendu encore pour que le silence pèse au moins une tonne, puis je suis passé à l’attaque. « Viens », que j’ai dit au nouveau en me levant, « faut qu’on cause. » Comme il avait un peu de jugeotte et qu’il avait bien saisi qui était le chef ici, il s’est levé aussi et m’a suivi sous les sourires des autres.
Nous sommes entrés dans la réserve. On ne voyait qu’à peine les rayonnages. Il marchait juste derrière. Quand j’ai entendu claquer la porte, je me suis arrêté et, me tournant d’un seul coup, je lui ai balancé mon poing dans la figure. Il n’a rien vu venir, il est tombé avec entrain. J’ai profité de l’occasion pour lui shooter au creux du ventre, et ça a fait un bruit tout mou.
Après, j’ai saisi son col, j’ai tiré jusqu’à ce que son visage soit collé au mien, et j’ai juste dit « Un mot et t’es mort ». Son nez était une fraise toute éclatée. Je l’ai lâché, je suis ressorti. Juste avant de passer la porte, j’ai encore dit : « T’as cinq minutes pour me rejoindre, je ferai la visite. » Puis je suis retourné à mon poste à la banque de prêt. J’aime pas les nouveaux.
Contrainte : à partir de l’incipit de Mme Bovary : « Nous étions à l’étude quand le proviseur entra, suivi d’un nouveau… »

15 août comme d'habitude

Au final, je n’ai rien su de lui, rien gardé. Je n’ai plus que son image dans moi, qui s’efface lentement. Je n’ai plus que mes souvenirs, qui bougent encore un peu et finiront par mourir, eux aussi, avec moi, en même temps que moi.

Ca c’est passé comme ça, alors que nous en étions au traditionnel apéro du non moins traditionnel repas qui terminait le tout aussi traditionnel week-end du 15 août, celui que nous passions tous ensemble depuis si longtemps que je ne savais même plus quand cela avait commencé.

J’en étais à me demander si j’allais mourir d’ennui tout de suite, ou juste après les apéricubes, quand l’orage a éclaté dehors, si violent que nous sommes allées à la fenêtre pour voir cela. C’est là qu’il est arrivé, venant d’on ne savait où, courant sur le chemin sous la pluie folle. J’ai senti sa quête d’un abri, j’ai couru vers la porte pour l’ouvrir, pour lui crier de venir se mettre au sec. J’ai bien senti, à cet instant, les regards lourds des autres posés sur mon dos, leurs sourires en coin, ce qu’ils pensaient de moi à cet instant. J’ai fait comme si cela n’avait nulle importance, j’ai refermé la porte derrière lui, je l’ai regardé dans les yeux.

Ce dont j’ai souvenir ensuite est peu de choses : quelques mots échangés, un verre ou deux, le poids des habitudes avec les autres. Dans son coin, près de la cheminée éteinte, il me regardait sans cesse. Je n’ai pas saisi l’occasion.

Après, ça a été la fin de l’averse, le sol qui fumait, le soleil revenu. Il a fini par sentir qu’il était de trop. Il s’est levé, a remercié pour les verres, les rires, l’accueil. Je suis allée avec lui jusqu’à la barrière, me demandant à chaque pas si j’allais revenir dans la maison.

Je me suis arrêtée à la barrière. Il n’a pas bronché, a continué jusqu’à l’horizon. Quand je suis revenue, mon mari me servait un autre Martini.

Contrainte : de vieux amis réunis dans une maison de campagne pour le 15 août. Un importun est invité.

Une histoire d'amour… sur le Parvis de la Cathédrale de Tours

Comment ai-je pu retomber dans l’illusion des amours d’été? Je ne veux plus continuer cette histoire sans avenir. Je ne dois plus. Je vais tout arrêter, c’est sûr, plus d’hésitations à avoir. Il est très mignon Alexandre mais si jeune, trop jeune pour moi. Sa naïveté et sa fougue pleine de maladresses m’ont conquis. Il dit que je suis belle, peu importe mon âge pour lui. Et pourtant, c’est mal! Je vais rompre mais comment lui annoncer?

Je dois faire simple et direct. Je ne supporte plus son enthousiasme juvénile, sa propension à briser les objets où à dire des bêtises sans sans rendre compte. Je fulmine encore plus quand il me dit de rester calme, de ne pas élever la voix et de comprendre qu’il a beaucoup de choses à apprendre. Je n’en peux plus d’avoir à le reprendre sans cesse et d’avoir à tout lui expliquer. C’est vrai qu’il ne peut pas tout connaître…

Je me suis laissée avoir comme une adolescente à cette fête de la musique. Il chantait faux mais avec une telle conviction et un tel regard de désir envers moi… Mais ce soir, je dois rompre, je vais essayé, je dois y arriver. Ce rendez-vous sur le parvis de la Cathédrale m’énerve, toujours ses idées pseudo-romantiques. Tours recèle pourtant d’autres lieux plus propices aux marivaudages et surtout plus discrets.

Finalement, ce lieu est une chance. Je dois en profiter pour y terminer notre histoire d’amour. C’est trop beau. Il faut que nous rompions avant le feu d’artifices du 15 août. Il s’imagine déjà une soirée langoureuse sous les étoiles filantes à attendre la féerie de fusées. Ce soir, 12 août, je dois être courageuse, dans 3 jours, j’ai 44 ans et cela je ne peux pas lui dire.

une histoire d’amour avec les contraintes avec les contraintes suivantes: âge (12 et 44 ans) ; événement (annonce de rupture), temps (12 août en fin de soirée), lieu (parvis de la Cathédrale de Tours) et caractères (colérique et maladroit).

Le troisième jour… elle l'attendait

« Le troisième jour, il est sorti vers dix heures avec une bouteille d’eau gazeuse et deux verres, un journal sous le bras ». Elle l’attendait sous le pommier avec son sombrero décoré de fruits exotiques. Sa pose sensuelle le troubla à nouveau. Il s’arrêta et la contempla.

Ils restèrent un moment à boire gorgées par gorgées, bulles après bulles, l’eau fraîche de la bouteille. Il n’ouvrit pas son journal. Il y avait cette bicyclette rouillée qui trônait dans un recoin du jardin. Non, ils ne pourraient pas se ballader. Plus il la regardait, plus il la désirait. L’instant d’une rêverie, il s’imaginait plume frôlant, glissant et se posant à des endroits choisis de son corps. Elle se leva pour s’asperger d’eau dans le bassin à nénuphars. Quelques éclaboussures dégoulinèrent sur sa poitrine.

Elle rompit le silence en évoquant l’anniversaire de sa mère. Sa voix brisa sa langueur et l’incarna en femme pratique, rêche. Elle évoqua un a un tous les détails d’organisation sans omettre la liste des invités. Elle semblait plus fuyante derrière son débit de mitraillette. Il percevait même l’agacement et une pointe de violence dans cette volonté paranoïaque de maîtriser le réel. Elle avait peur que quelque chose lui échappe. Après une pause, elle lâcha un soupir qui la métamorphosa en femme fragile qui, soudain, doute. Il se leva pour la prendre dans ses bras. Elle hésitait à se laisser aller. Son corps restait crispé. Il l’embrassa dans le cou. Il dit avec douceur qu’elle devrait confier cela à ses soeurs, qu’elle avait besoin de se reposer, qu’elle devait oublier ce qui s’était passé. Elle pleura doucement. Elle dit que l’image du pédalo le hante. Il voulu l’embrasser mais il se dit que c’était trop tôt. Leur histoire ne faisait que commencer.

(contrainte : continuer un texte commençant par « Le troisième jour, il est sorti vers dix heures avec une bouteille d’eau gazeuse et deux verres, un journal sous le bras. » En cours d’écriture, insérer les mots suivants, révélés peu à peu par le maître de cérémonie : bicyclette, plume, anniversaire, mitraillette, soupir, pédalo.)

Histoire d'amour… à St Macloud

Véronique avait trop chaud ; c’était obligé aussi, avec ce manteau en polyester doublé de laine. Les employés de St Macloud passaient près d’elle d’un air indifférent. Pourtant, elle savait bien que si elle ouvrait son manteau, il y en aurait eu, des accidents de chariot ! Les hommes, mâchoires pendantes, se seraient rentrés dedans ou seraient allés se fracasser contre les grands piliers soutenant la salle du dépôt de St Macloud. Parce que, sous ce manteau, Véronique était nue. A poil, comme aurait dit Paul. Oui, mais en attendant, Paul n’arrivait pas, et Véronique avait trop chaud avec son manteau.
C’était Paul qui avait voulu qu’elle vienne à ce rendez-vous habillée de cette manière – ou déshabillée, c’était selon. Il disait qu’il était curieux, voilà tout.
Véronique avait 22 ans, et son corps, elle en était fière. Elle aurait marché nue sur une poutre suspendue dans le vide, si Paul le lui avait demandé. Fallait-il qu’elle l’aime, son Paul !
Elle disait que le temps ne faisait rien à l’affaire, ses 22 ans contre ses 74 ans à lui, mais au fond d’elle-même, elle savait bien que ce n’était pas vrai. Elle était jeune, si jeune, et sotte face à lui !
Et lui qui n’arrivait toujours pas ! Peut-être qu’il avait été retenu par un coup de fil, peut-être qu’il avait croisé un ami, peut-être qu’il avait trouvé un autre modèle, une fille splendide dont il était tombé amoureux au premier regard. Peut-être…
Le téléphone qui sonna, dans la poche de son manteau, fit sursauter Véronique. C’était la sœur de Paul.
_ Véro… Il y a eu un problème. Je suis désolée…
Avant même que la sœur de Paul ait fini de parler, Véronique se mit à pleurer.

Histoire d’amour : contraintes suivantes : âge (22 ; 74) ; lieu (magasin St Macloud) ; événement (rendez-vous manqué) ; caractère (bravache ; curieux) ; joker : à poil.

Cryptoclick

Le 3e jour, il est sorti vers 10h, avec une bouteille d’eau gazeuse et deux verres, un journal sous le bras.
Nous, on était toujours en planque dans une voiture pourrie, Rico butait sur ses mots croisés, et moi, je me demandais comment Emma allait réagir quand je lui dirais que j’avais encore perdu au jeu.
_ Bleu, et ça tourne, a dit Rico en plissant les yeux. Qu’est-ce que ça peut être, pour toi ?
Moi, les mots croisés, ça me gonfle, j’en fais jamais. Alors pour avoir la paix, j’ai dit :
_ Bicyclette.
_ Ah ouais, ça marche.
Sans compter qu’Emma avait prévu de s’acheter une robe pour le mariage de son frère ; elle m’en parlait sans arrêt de cette robe, mais avec quel argent est-ce qu’elle allait pouvoir l’acheter, maintenant ?
_ Tu verras, je la trouverais en un rien de temps, cette robe, m’avait-elle dit la veille. J’ai déjà le chapeau, alors…
Le chapeau en question, c’était une chose étrange, comme un tube qui aurait eu l’idée de se finir en plume violette ; moche, quoi. Mais bon, je tenais à ma tranquillité, alors la dernière chose que je lui dirais, c’était ce que j’en pensais, de son chapeau.
Mais la robe, il n’y avait pas moyen qu’elle se l’achète maintenant ; quel idiot j’avais été d’aller jouer chez Rico, au déjeuner ; je le savais pourtant, qu’il me plumait toujours. Mais c’était son anniversaire, et ça ne se refuse pas, de jouer avec un pote. Il faut bien s’amuser de temps en temps. Surtout quand on est coincé des heures dans une caisse pourrie.
Ce qui nous ramenait à notre gusse, dehors, qui lui aussi devait aller rejoindre un ami parce qu’il avait deux verres à la main. Quoique, une bouteille d’eau, c’est pas vraiment un cadeau.
_ Le bas du guidon permet de naviguer, a dit encore Rico.
Ça finissait toujours comme ça : c’était moi qui lui finissais sa grille. Il a eu le temps de se tourner vers moi, genre celle-là tu la trouveras jamais, avant que je repère que le gars dehors avait jeté son journal par terre. Et ça, si c’était pas un signal…
Les vitres ont explosé. Et merde, ai-je pensé en plongeant sous le siège, le coco nous avait repéré. La rafale a cessé presque aussitôt ; j’ai attendu un instant avant d’ouvrir la portière, toujours penché vers l’avant. La portière avait morflé ; ils y étaient allés à la mitraillette, les salauds.
Je n’ai pas entendu la portière de Rico s’ouvrir et c’était mauvais signe. A l’abri d’une poubelle, j’ai jeté un coup d’œil à notre caisse. Rico s’était affaissé contre le dossier ; il avait rendu le dernier soupir.
Dommage ; j’avais trouvé le mot qui lui manquait : c’était pédalo.

(Contrainte : début imposé : « Le 3e jour, il est sorti vers 10h, avec une bouteille d’eau gazeuse et deux verres, un journal sous le bras » ; puis introduction obligatoire des mots : bicyclette, plume, mitraillette, soupir, et pédalo (on ne sait pas quel sera le prochain mot obligatoire)

Le troisième jour…

Le troisième jour, il est sorti vers dix heures avec une bouteille d’eau gazeuse et deux verres, un journal sous le bras. Je l’ai regardé de derrière mes rideaux, j’ai pensé : « Tiens, le voilà qui ressuscite ». Ca n’a fait rire que moi. Normal. Je suis seule dans cette maison.
Lui, de l’autre côté de la rue, il essayait de monter sur sa bicyclette sans lâcher la bouteille, les verres, le journal. J’ai vu le moment où tout allait tomber, et lui avec. C’est arrivé. Il s’est étalé de tout son long et j’ai souri en pensant à la première chute du Christ : le chemin de croix recommençait peut-être, ça commençait à devenir intéressant.
Sur le goudron, il essayait de se relever, empêtré dans son vélo pourri, pâle comme les plumes nouées que j’avais senti une fois dans mon oreiller, et dont ma grand-mère m’avait dit qu’elles étaient la marque d’un envoûtement. Envoûtée, c’est sûr, je devais l’être, et depuis bien avant mon premier anniversaire, parce que j’avais accumulé depuis quelques gamelles, des gamelles de vie, un peu comme lui qui commençait à retrouver enfin ses esprits et son équilibre.
Il s’est remis debout. Les verres, la bouteille brisés faisaient des diamants sur le sol. Je l’entendais jurer à travers la fenêtre. Le journal s’envolait. Je l’avais lu ce matin. On y parlait d’une querelle vidée à la mitraillette dans les quartiers nord, ceux où je n’allais jamais, pas plus que lui, là, dehors, ahuri avec son guidon entre les mains, et son trop-plein d’alcool poussant des soupirs dans sa tête. On y parlait aussi, dans le journal, du monde qui se faisait sans nous, et c’était bien ainsi parce que le monde ne nous intéressait pas vraiment.
Il s’est stabilisé enfin sur son engin, et puis il est parti lentement le long du trottoir en poussant sur ses pieds sans pédaler, sans doute pour ne pas tomber. Je l’ai suivi des yeux, et puis je suis retournée dans ma cuisine.
Nous avions bien vieilli, lui sur son vélo, moi dans ma maison vide. Dire qu’il m’avait emmenée faire du pédalo jadis, quand nous étions enfants. Dire qu’il m’avait embrassée. Dire que je l’aimais toujours.

(contrainte : continuer un texte commençant par « Le troisième jour, il est sorti vers dix heures avec une bouteille d’eau gazeuse et deux verres, un journal sous le bras. » En cours d’écriture, insérer les mots suivants, révélés peu à peu par le maître de cérémonie : bicyclette, plume, mitraillette, soupir, pédalo.)