Nous étions au Starbucks

Nous étions au Starbucks quand le Staff Manager entra, suivi d’un nouveau. Nous reluquâmes le gars. Il ne baissa pas le regard de suite. Je sus immédiatement que ça passerait mal entre lui et moi. Ce n’était pas la première fois.
Le Staff Manager fit son laïus sans même sembler y croire puis il partit se planquer dans son trou. Quand il passa la porte, Jeff cracha sur le sol. Nous savions tous qu’un jour, le tour du Manager viendrait.
Le nouveau restait là, les bras ballants, assis dessus sa chaise comme un chien mort. Il regardait sans dire un mot le café tiède que le Manager venait de lui payer avant de nous le laisser entre les pattes.J’ai attendu encore pour que le silence pèse au moins une tonne, puis je suis passé à l’attaque. « Viens », que j’ai dit au nouveau en me levant, « faut qu’on cause. » Comme il avait un peu de jugeotte et qu’il avait bien saisi qui était le chef ici, il s’est levé aussi et m’a suivi sous les sourires des autres.
Nous sommes entrés dans la réserve. On ne voyait qu’à peine les rayonnages. Il marchait juste derrière. Quand j’ai entendu claquer la porte, je me suis arrêté et, me tournant d’un seul coup, je lui ai balancé mon poing dans la figure. Il n’a rien vu venir, il est tombé avec entrain. J’ai profité de l’occasion pour lui shooter au creux du ventre, et ça a fait un bruit tout mou.
Après, j’ai saisi son col, j’ai tiré jusqu’à ce que son visage soit collé au mien, et j’ai juste dit « Un mot et t’es mort ». Son nez était une fraise toute éclatée. Je l’ai lâché, je suis ressorti. Juste avant de passer la porte, j’ai encore dit : « T’as cinq minutes pour me rejoindre, je ferai la visite. » Puis je suis retourné à mon poste à la banque de prêt. J’aime pas les nouveaux.
Contrainte : à partir de l’incipit de Mme Bovary : « Nous étions à l’étude quand le proviseur entra, suivi d’un nouveau… »