Massaba n'avait plus de raisons de vivre…

Massaba tenait toujours, mais son aspect avait changé. La belle femme qui croquait la vie et dont le sensualité brûlait de désir nos corps avait disparu. Massaba était faible. Personne n’osait dire décharnée. Notre idole se battait comme un démon contre la blessure, contre la gangrène et contre la vieillesse. Nous avions cru qu’elle serait immortelle à force de rester la même toutes ces années. Il n’y avait pas eu de combats de trop. Il n’y avait pas eu d’excès. Il n’y avait pas eu de risques inutiles. Massaba était tombée amoureuse. Jamais une telle folie ne lui était arrivée, elle, la femme forte et insensible qui jouait avec la vie. L’amour l’avait dévorée puis emportée dans des territoires inconnus. Elle s’était livrée sans crainte à la douceur des sentiments. Joie et jouissance se mélaient avec tonnerre pour le bonheur de tous. Puis l’homme avait ri avant de la quitter. Tous les élans vitaux de Massaba s’étaient arrétés. Nets. Nous étions tous tristes et désespérés de la voir s’enfuir du monde lentement mais sûrement. Nous étions prêts à la pleurer et à la suivre dans la mort. Chacun attendait que la vie cesse avec résignation.

contrainte : écrire un texte de 10 à 15 lignes complétant les deux propositions en italiques, tirées de La Tragédie du Roi Tsongor de L. Gaudé.