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La coquette d'Arthur Sisbon

Arthur Sisbon menait une vie honnête et sans surprise jusqu’à sa découverte, un matin, d’un filet de lumière.
C’était le petit déjeuner et Arthur Sisbon venait d’échapper sa tartine.
Il se pencha sous la table et vit que son orteil gauche – et son orteil gauche seulement – baignait dans une lumière inattendue.
Perplexe, il suivit des yeux le rayon de lumière et de son orteil, traversa la cuisine jusqu’au mur, et du mur jusqu’à la fissure nouvelle qui s’y était faite.
Arthur Sisbon avait une voisine, ils partageaient ce mur.
Le temps qu’Arthur Sisbon comprenne que par cette fissure, un jour nouveau peut-être, se faisait dans sa vie, il se redressa d’un coup et son crâne heurta violemment la table.
Moralité : « Si tu hantes la coquette, prends bien garde à ta tête ».

Hanter la coquette

Hanter la coquette : un rêve de petit-maître

Au siècle du bel esprit, la compétition fait rage.
À ma droite, la coquette,
Reine des salons, souveraine du bon ton,
À ma gauche, le petit-maître, tout de falbalas vêtu,
Courant ça et l� telle une âme éperdue,
Pour vanter le contour de son mollet tendu.
La première pose, et joue, s’éventant comme d’autres respirent,
Le second s’affaire et s’inquiète, et cherche partout la coquette,
Sa rivale éternelle, éternellement distraite ;
Qu’elle ait changé de mouche, repoudré sa joue,
Pire encore, trouvé un nouveau tailleur,
C’est le monde tout entier de notre savant ès bonnets
Qui s’effondre en pleurs.
Il lui faudra parer, et se fendre, et le coup porter,
Pour, � tout jamais, de la coquette le rêve briser.