Archives de catégorie : La poésie toujours vivante

Improvisation rimée

Elle est finie la belle époque des défis
Les messieurs vêtus de noir, très pâles
Qui à l’aube bien souvent vidaient et leur querelle,
Et leurs entrailles,
Dans les bois pour l’amour d’une belle.

Elle est finie la belle époque des duels,
Epées et pistolettes régnaient en cruelles maîtresses
Et l’habileté seule départageait la querelle,
Quand un mot qu’on prenait mal valait une balle traîtresse.

Elle est finie la belle époque des attaques,
Et ces mots de malandrins, spadassins et autres Apaches,
Ne sont plus aujourd’hui que des mots mort-vivants,
Que l’on prononce en songeant comme était beau l’avant.

Elle est finie la belle époque des coutelas,
Dagues, poignards, cimeterres et autres arbalètes,
Relégués depuis lors dans les profondes oubliettes.
La modernité s’appelle tronçonneuse, P.38 et machette,
Et la mort qui nous prend n’a plus même le goût de la fête.

Résponse à l'endroit du Sieur bourrion, avec escompte et privilège de sa majesté, le roi des Elels

Jamais ne paya l’assrogance
c’est là bien arme de vilain
Froisdûre glaciale et prestance
voilà ci je respond au malin

est ce tant le prix de suffisance
que de glaner de si basse main
gloire sans prix de l’abondance
de l’esprit vif et mâtin

si de ma main vit mon engeance
de mon coeur vous n’aurez rien
Froisdûre glaciale et prestance
voilà ci je respond au malin »


Comte des Brotteaux, chevalier de la coquette, sur ordre du roi

L'âme, l'abeille, l'hiver et la terre

Il avait du mal à penser, du mal à rêver, il avait froid.
Il se disait : « L’hiver sur Terre emprisonne âmes et abeilles. »
Il continua un long moment à fouler la terre, à fouler l’hiver.
De cette terre désolée qu’il regardait en silence, rien ne semblait poindre.
Puis, soudain, venue de nulle part, une abeille apparut dans son champ visuel et zébra un instant l’espace, fugitive et céleste.
Et alors il comprit.
L’âme et l’abeille ont la Terre pour hiver.