Archives de catégorie : Le Grand Dictionnaire de la Coquette

émeschifler

Bon, finalement, je me lance et laisse ce texte émouvant et magnifique sur le site.

Emeschifler, verbe.
Vient du grec emeskos (vin, boisson) et du patais girondin chiflou (gai, agréable à cotoyer).
Se dit d’une personne en état d’ébriéte avancé mais qui conserve toute sa gentillesse et son sens du contact.
Généralement laudatif, voire même flatteur dans les Landes girondines, à l’époque des fêtes de Notre Dame de l’émeschiflaut. Exemple : « Allons-y nous émeschifler avant la nuitée » présage ainsi d’un moment de rire et de légèreté.
Ce terme peut néanmoins être péjoratif quand il est employé dans le nord de la France. Exemple : « Il faudrait pas s’émeschifler la charrette non plus ! » signifie abîmer, endommager.
Peu à peu disparu de notre vocabulaire, il n’a pas d’équivalent actuel.

Déméningeur : tentative de définition

Déméningeur : n.m.

Objet usuel destiné à aspirer la matière cérébrale des enfants afin qu’ils demeurent sages.
Le déméningeur a existé sous diverses formes au cours du 20ème siècle (manuel, à vapeur, électrique puis finalement chimique). Bien que son usage ait été régulièrement contesté par diverses ligues bien-pensantes soutenant que les enfants avaient une âme, le déméningeur a traversé les années en faisant partie du trousseau de base de tout jeune couple. Il a disparu à la toute fin du siècle, remplacé par la télévision et les jeux vidéo qui, bien que remplissant la même fonction, enlèvent cependant aux parents le plaisir de participer à pleine main à l’éducation de leur progéniture.

(consigne : inventer et définirun mot disparu au 20ème siècle)

Mode d'emploi : le tire-bouchon

Précautions d’emploi : à ne pas utiliser sur l’enfant de moins de quinze ans, peut provoquer des lésions cutanées graves surtout quand l’usage du tire-bouchon est associé à un état d’ébriété avancé.
Ne peut sous peine d’amende servir de : cale-livres ; repose-pied ; casse-noisettes ou casse-bonbons (à l’exception d’un usage privé à destination de sa belle-mère, seule exception légalement reconnue).

Préconisation d’utilisation : peut servir à nouer un lien social. Sous le prétexte d’une absence de tire-bouchon, on peut alors rencontrer un ou des voisin(s). La compagnie produisant les tire-bouchons ne peut toutefois être tenue pour responsable des conséquences indésirables produites par un tel lien social :
– mal de crâne résultant d’une cuite prise entre voisins
– grossesse inattendue (même cause que supra)
Egalement, s’utilise très agréablement sur un Pouilly Fuissé 92, particulièrement lorsque celui-ci est accompagné d’un repas aux chandelles ad hoc.
Attention toutefois, un repas particulièrement réussi (ou une cuite comme indiqué supra) peut provoquer la naissance d’une nichée de petits tire-bouchons appelés décapsuleurs et qui en général sont l’apanage des enfants de moins de quinze ans, lesquels s’en servent pour ouvrir toutes sortes de bouteilles contenant sodas et autres bières.
S’utilise librement dans tous les autres cas.

Mode d'emploi

  1. Etaler soigneusement tous vos cheveux sur une surface place, propre, sèche et à l’ombre. Si nécessaire, les brosser dans le sens du poil.
  2. De la main droite, saisir délicatement la racine d’un premier cheveu ; le tremper dans le pot de gel préalablement ouvert, et secouer l’excédent.
  3. Attendre que le gel fasse son effet, c’est-à-dire, que le cheveu transi de froid devienne rigide.
  4. Poser alors le cheveu sur votre crâne. Le maintenir fermement. De la main gauche, approcher subrepticement l’agrafeuse ci-jointe de votre tête, sans mouvement brusque.
  5. Avant que le cheveu ne puisse réagir, agrafez-le sans prêter attention à ses hurlements de protestation, non plus qu’aux vôtres.
  6. Prendre une aspirine, puis se saisir du cheveu suivant et recommencer l’opération jusqu’à obtention d’une coupe parfaitement adaptée à vos désirs.
(contrainte : écrire le mode d’emploi d’un gel pour cheveux)

Essai de définition d'une coquette

16 mai 2006

Coquette : nf ; femelle du coquetier, animal mythique de la tradition culinaire. Selon la légende, la coquette est dépourvue d’oreilles et de tout organe d’audition, ce qui lui permet de ne pas entendre les récriminations du coquetier, son compagnon, réputé pour son humeur bougonne. La figure de la coquette n’a jamais connu d’apogée littéraire, sans doute en raison du caractère délétère des grandes coquettes historiques. On en trouve toutefois mention dans Furetière qui, au fil de ses inintéressantes pages, bien qu’en in-octavo, a parlé d’elle en termes si obscurs que nous jetterons sur eux un voile pudique.

Coquetier : nm ; mâle de la coquette, le coquetier présente la particularité de posséder un corps creux dont la forme épouse parfaitement celle d’un oeuf. Partant, le coquetier s’est vu réduit à un rôle subalterne alors que sa forte personnalité et son charisme lui laissaient espérer des fonctions autrement plus honorables. Écrasé par cette destinée, et par la conduite de sa femelle, qui ne pense qu’à le cocufier, le coquetier traîne son désespoir dans les armoires de notre enfance aux côtés d’autres parias tels le chinois, le cul-de-poule ou le presse-…curé.

Hanter la coquette: définition 1

Marivaudage inventé sous Louis XIV, il s’agit d’une variation du chat et de la souris dans laquelle le Roi poursuit les coquettes dans le labyrinthe végétal d’un de ses châteaux. Cette première variante s’est appelée « courir la coquette ».

Pour donner plus de piquant à la chose, il fut décidé de bander les yeux. Cette deuxième variante s’est appelée ‘tatonner la coquette ». C’est la version la plus connue car popularisée dans la littérature et dans le cinéma.

Mais il y a une troisième variante plus obscure et plus coquine: « hanter la coquette ». Pour pimenter davantage la course à la donzelle, celle-ci est organisée de nuit soit en extérieur soit dans le château et le Roi était alors vêtu d’un simple drap blanc le faisant ressembler à un fantôme, les coquettes ayant elles toute liberté vestimentaire. Le Roi devait alors capturer plusieurs dames et élisait au petit matin la coquette du soir selon des critères tenus soigneusement secret.

Malheureusement cette expression est tombée dans l’oubli car elle ternissait l’image de Louis XIV pour la postérité. Les mauvaises langues prétendent qu’il a eu de multiples déboires lors de ces nuits agitées et avancent même qu’il aurait lui aussi pu être pourchassé par certains nobles.